Les annonces de la majorité municipale d’Ecouen vont bon train,
mais elles sont parfois un peu difficiles à suivre…
Passons sur la prétendue concertation des habitants au sujet du nouvel aménagement du Mail : les orientations proposées étaient déjà largement contenues dans le cahier des charges de la convention signée avec le CAUE en 2020.
Le conseil municipal vient de décider une nouvelle modification du PLU (Plan local d’uranisme) afin de rendre possible l’installation des services techniques municipaux dans l’ancienne ferme située route de Bouqueval (ferme qui avait été louée pendant plusieurs années par la commune au Sigidurs pour y installer ses bureaux).
Mais il n’est pas venu à l’idée de Madame le maire d’en profiter pour supprimer dans le PLU le projet de déviation du CD 370 (sacrifiant plusieurs dizaines d’ha de terres agricoles entre Villiers le Bel et Ézanville) ni le projet d’écoparc des Noyers au nord de la commune dans le prolongement du chemin des pâtissiers, destiné à accueillir des activités économiques que la municipalité espère induites au développement du trafic aéroportuaire.
Et pourtant, elle a récemment déclaré (mais c’était dans un contexte électoral) qu’elle ne serait plus favorable à ces deux
projets
Pourquoi alors ne pas modifier le PLU en conséquence ?
D’autant plus que ces deux projets sont particulièrement visés dans les recours juridiques qui sont en cours d’instruction par la justice administrative : cela permettrait de trouver une issue rapide à un contentieux pouvant préjudiciable pour la commune.
Mais ce paradoxe n’est pas la seule bizarrerie dans la conduite des projets municipaux
Ainsi, personne ne peut dire aujourd’hui comment sera aménagée la zone d’activités située entre RN16 et la nouvelle route accédant aux installations Vygon.
Avant d’être prévus route de Bouqueval, les services techniques municipaux devaient s’y installer sur un terrain communal, puis il a été
question de transférer sur cette parcelle le projet de maison de l’enfance, lequel a connu depuis 12 ans, plusieurs localisations hypothétiques (notamment au Mail, puis dans les
locaux actuels de l’IME (rue de la République), lorsque celui-ci sera installé au nord du Mail sur la praire des Maudières.
Mais on peut se demander si ce projet de maison de l'enfance , pourtant inscrit depuis 3 mandats dans les promesses de la majorité municipale, verra vraiment le jour puisqu’on vient d’apprendre la création prochaine d’une micro crèche rue Aristide Briand, dans le bâtiment de l’ancien centre des finances publiques dont la commune est propriétaire
Il n’est pas facile à ce jour de connaître les détails du fonctionnement de cette crèche de nature privée, mais il semble bien
que, bien qu’elle sera locataire la commune, rien n’indique que les familles écouennaises en auront un accès prioritaire, ni qu'elles y bénéficieront d’un tarif préférentiel.
On peut légitimement s’étonner de la décision de la mairie de favoriser cette création d’initiative privée quand on sait combien il est difficile d’obtenir une place au multi-accueil
municipal « Les petits lutins »
Dans le même ordre d’idée, il est question d’installer un centre médical au carrefour de l’avenue du Bicentenaire et de la rue
Lully : ce terrain a été acquis naguère par la commune pour y installer la gendarmerie avant que celle-ci soit construite rue du Maréchal Leclerc, et il est resté
en friche depuis.
Ce serait sûrement une bonne idée si nous étions certains qu’il soit vraiment possible que nouveaux praticiens viennent s’installer rapidement, alors que plusieurs médecins
généralistes ont cessé leur activité à Ecouen et Ezanville ces dernières années
A moins qu’il ne s’agisse simplement que du transfert des cabinets qui sont installés rue de la gare, ce qui permettrait la
construction d’un immeuble à la place du bâtiment actuel
Il faut dire que ce secteur, situé hors zone du plan d’exposition au bruit de l’aéroport, est le seul secteur de la commune où il est autorisé de construire des
logements, ce qui peut évidemment encourager la spéculation …
Quant à la redynamisation du centre-ville par les commerces, il faut espérer que l’la nouvelle boulangerie installe à la place de l’ancien restaurant acquis par la commune, aura un meilleur avenir que la boulangerie précédente place de l’Église, fermée trop rapidement.
La mairie avait annoncé fièrement que cette ancienne boulangerie était remplacée par un commerce de produits bio et locaux, ce qui était bien sur une excellente nouvelle.
Mais nous venons d’apprendre que sa responsable envisagerait déjà de cesser ses activités !
On peut se demander si la gestion de ces locaux commerciaux, au pied de l'immeuble de Val d'Oise habitat, est bien adéquate à la nature des activités susceptibles de s'y installer, puisque l'un
d'entre eux est inoccupé depuis la construction !
A moins qu’il s’agisse d’un problème plus profond lié à l’organisation même du centre-ville et à la conception de sa redynamisation.
Si tel était le cas, on pourrait s’interroger sur le type d’activités que la mairie pourra installer dans l’ancien bureau de
poste à côté de l’église puisque la commune a décidé d'y réaliser des travaux d'aménagement.
L’examen de l’ensemble des ces projets fonciers et immobiliers laisse l’impression que leurs promoteurs manqueraient d’une vue d’ensemble des problèmes, mais surtout qu’ils manqueraient de cohérence dans leurs conceptions.
